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Un aumônier militaire sanctionné après avoir appelé les « gauchistes » à se calmer pendant une messe à Carcassonne

Le ministère des Armées engage une procédure disciplinaire contre un aumônier du 3e RPIMa après la diffusion d'une vidéo d'un sermon tenu en 2025 dans la cathédrale de Carcassonne, où il appelle les « gauchistes » à se calmer.

Un aumônier militaire sanctionné après avoir appelé les « gauchistes » à se calmer pendant une messe à Carcassonne
A Carcassonne, un aumônier militaire appelle « les gauchistes » à se calmer lors d’une messe

Le ministère des Armées a annoncé l'ouverture d'une procédure disciplinaire à l'encontre d'un aumônier militaire rattaché aux 3e et 8e régiments de parachutistes d'infanterie de marine (RPIMa). En cause : des propos tenus lors d'une messe célébrée en 2025 dans la cathédrale de Carcassonne, au cours de laquelle le prêtre a appelé les « gauchistes » à se calmer. Une séquence vidéo de cet office a été diffusée vendredi par Le Canard enchaîné, déclenchant une vive polémique.

Selon les informations rapportées, l'aumônier s'est exprimé devant des militaires du régiment de parachutistes. La vidéo, tournée en octobre 2025, le montre tenant des propos à caractère politique et évoquant des thèses conspirationnistes. Le quotidien satirique a mis en ligne un extrait de ce sermon, qualifié de « hallucinant » par plusieurs observateurs. Le ministère des Armées a réagi rapidement, indiquant que le prêtre avait été rappelé à l'ordre et qu'une procédure disciplinaire était engagée à la demande de la ministre des Armées, Catherine Vautrin.

L'affaire a été révélée par Le Canard enchaîné, qui a diffusé l'extrait vidéo ce vendredi. Contacté, le ministère des Armées a confirmé au HuffPost que l'aumônier faisait désormais l'objet d'une « procédure disciplinaire ». Cette décision intervient après la diffusion de la séquence, qui a suscité de nombreuses réactions dans la classe politique et au sein de l'institution militaire.

Les faits remontent à une messe célébrée en 2025 dans la cathédrale de Carcassonne, dans l'Aude. L'aumônier, rattaché aux 3e et 8e RPIMa, s'exprimait devant des parachutistes. Selon les extraits diffusés, il a appelé les « gauchistes » à se calmer, tout en tenant des propos faisant écho à la théorie du grand remplacement. Ces déclarations, tenues dans un lieu de culte et devant des militaires, ont été jugées incompatibles avec les obligations de neutralité et de réserve qui s'imposent aux aumôniers militaires.

L'aumônerie militaire est une institution ancienne qui assure un soutien spirituel aux soldats, quelle que soit leur confession. Les aumôniers sont des personnels civils de la Défense, liés par un devoir de neutralité et de discrétion. Ils ne sont pas autorisés à tenir des propos politiques ou à faire la promotion d'idées partisanes dans l'exercice de leurs fonctions. La procédure disciplinaire engagée vise à déterminer si ces règles ont été enfreintes et à sanctionner le cas échéant l'intéressé.

Le ministère des Armées n'a pas précisé la nature exacte de la sanction encourue, ni le calendrier de la procédure. Il a simplement indiqué que l'aumônier avait été rappelé à l'ordre dans un premier temps, avant que la procédure disciplinaire ne soit officiellement lancée. Cette décision a été prise à la demande de Catherine Vautrin, ministre des Armées, qui a souhaité une réaction ferme face à des propos jugés contraires aux valeurs de l'institution.

Cette affaire intervient dans un contexte de vigilance accrue au sein des armées face aux dérives extrémistes et aux discours conspirationnistes. Ces dernières années, plusieurs cas de militaires ou de personnels civils de la Défense ayant tenu des propos radicaux ont été signalés, entraînant des sanctions. L'institution militaire rappelle régulièrement son attachement aux principes de laïcité et de neutralité politique.

La diffusion de la vidéo par Le Canard enchaîné a également relancé le débat sur la place de la religion dans l'armée et sur les limites de la liberté d'expression des aumôniers. Si ces derniers bénéficient d'une certaine liberté dans l'exercice de leur ministère, celle-ci ne saurait s'affranchir du cadre réglementaire qui leur interdit toute prise de position politique. La procédure disciplinaire en cours devra établir si les propos tenus relèvent d'un simple dérapage ou d'une infraction plus grave aux obligations statutaires.

Pour l'heure, ni l'aumônier ni son avocat ne se sont exprimés publiquement sur les faits qui lui sont reprochés. Le ministère des Armées n'a pas non plus communiqué sur d'éventuelles mesures conservatoires, telles qu'une suspension de fonctions, qui pourraient accompagner la procédure. L'affaire devrait connaître de nouveaux développements dans les prochaines semaines, à mesure que la procédure disciplinaire suit son cours.

Mathieu Blanchard

Auteur

Correspondant international

Mathieu Blanchard couvre pour Udata l’actualité, la politique, l’économie, la société et la culture. Son travail met l’accent sur la vérification, le contexte et la clarté pour les lecteurs.