Société 3 min de lecture Par Rémi Lefèvre
Vincent Bolloré aurait financé l’agence de presse de Xenia Fedorova
Selon une enquête, le milliardaire Vincent Bolloré aurait versé plusieurs dizaines de milliers d’euros à l’ancienne chroniqueuse de CNews pour lancer sa propre agence de presse, alors que la chaîne fait l’objet d’une pétition qui dépasse les 300.000 signatures.
Vincent Bolloré aurait versé plusieurs dizaines de milliers d’euros à Xenia Fedorova, ancienne directrice de RT France et ex-chroniqueuse de CNews, afin de l’aider à lancer sa propre agence de presse. L’information, révélée par la presse, reste à ce stade fondée sur des éléments rapportés et n’a pas été confirmée officiellement par les intéressés.
Le versement supposé intervient dans un contexte particulièrement sensible pour la chaîne d’information du groupe Canal+, propriété du milliardaire. Au même moment, une pétition réclamant la suppression de CNews de l’audiovisuel français a franchi le cap des 300.000 signatures sur le site de l’Assemblée nationale. Déposée le 10 juin 2026, elle ne réunissait encore qu’environ 45.000 soutiens le mercredi précédant son accélération, avant de dépasser les 100.000 puis les 300.000 signatures en moins de 48 heures. Longtemps restée discrète, la mobilisation a donc connu une progression soudaine qui a fait réagir au-delà des cercles habituels de militants.
Le texte de cette pétition, intitulé « Supprimer CNews de l’audiovisuel français », dénonce notamment « les nombreux dérapages éditoriaux de la chaîne », accusée de diffuser des propos racistes, de véhiculer de « fausses informations » et de contribuer à banaliser les idées d’extrême droite. Il présente la chaîne, diffusée sur le canal 14 de la TNT, comme « une machine de propagande » plutôt que comme une chaîne d’information. Le document rappelle que CNews cumule 27 rappels à l’ordre de l’Arcom et 630.000 euros d’amendes. Il cite plusieurs séquences controversées diffusées à l’antenne, dont des propos visant le maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko, comparé à un singe par un invité de la chaîne en mars dernier.
Pour qu’un débat en séance publique puisse être envisagé à l’Assemblée nationale, la pétition doit atteindre 500.000 signatures, émanant d’au moins 30 départements ou collectivités d’outre-mer. Même dans ce cas, l’organisation d’un débat n’est pas automatique, la décision relevant de la procédure parlementaire. Il faut également noter que cette mobilisation ne pourrait pas, à elle seule, entraîner la fermeture de la chaîne : le retrait de son autorisation de diffusion relève de l’Arcom, chargée de contrôler le respect des obligations des chaînes de télévision. La pétition reste donc avant tout un signal politique et citoyen adressé aux pouvoirs publics, tandis que la question du financement allégué de l’agence de Xenia Fedorova alimente, de son côté, le débat sur les liens entre le groupe Bolloré et les acteurs de l’information.
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