Société 4 min de lecture Par Mathieu Blanchard
Jancovici lance une assemblée citoyenne pour peser sur les grands débats
L'ingénieur Jean-Marc Jancovici inaugure « Un commun accord », une assemblée de 157 citoyens tirés au sort qui doit plancher jusqu'en février sur le climat, les transports et la croissance, avec l'ambition d'influencer la présidentielle de 2027.
L'ingénieur Jean-Marc Jancovici a lancé samedi à Paris une assemblée citoyenne baptisée « Un commun accord », réunissant 157 personnes tirées au sort pour débattre de grands sujets de société. L'initiative, qui doit se poursuivre jusqu'en février, vise à faire émerger des propositions sur le climat, les transports et la croissance, dans un contexte de défiance croissante envers les institutions politiques.
La première réunion de travail s'est tenue en présence de personnalités invitées pour éclairer les échanges. L'amiral Pascal Ausseur, la climatologue Valérie Masson-Delmotte et l'économiste Selma Mahfouz figurent parmi les premiers intervenants. Leur rôle est d'apporter un éclairage expert sur des thématiques jugées complexes, allant de la transition énergétique à l'organisation des mobilités, en passant par les modèles de développement économique.
Selon les organisateurs, l'objectif est de faire plancher les participants sur des « grands choix engageant l'avenir du pays ». Les débats doivent permettre d'explorer des dilemmes politiques qui traversent la société française, sans se limiter à des mesures techniques. Jean-Marc Jancovici, connu pour ses positions sur la décroissance et la contrainte énergétique, entend ainsi dépasser les clivages partisans en s'appuyant sur ce qu'il appelle « l'intelligence collective ».
L'initiative s'inscrit dans une stratégie plus large de pesée sur les débats de la présidentielle de 2027. En réunissant des citoyens ordinaires, les promoteurs de « Un commun accord » espèrent créer un espace de discussion capable d'influencer les programmes des candidats. La démarche rappelle d'autres expériences de conventions citoyennes, mais elle se distingue par son calendrier, qui doit s'étendre sur plusieurs mois, et par la volonté affichée de ne pas se contenter de recommandations symboliques.
Les participants, sélectionnés par tirage au sort, doivent se réunir régulièrement pour approfondir les sujets. Les échanges doivent aboutir à des propositions concrètes, qui seront rendues publiques à l'issue des travaux. Les organisateurs n'ont pas précisé la forme exacte que prendront ces conclusions, ni la manière dont elles seront transmises aux responsables politiques. Ils insistent toutefois sur la dimension collective du processus, présenté comme un moyen de renouer le dialogue entre les citoyens et les décideurs.
Cette initiative intervient dans un contexte où les questions environnementales occupent une place grandissante dans le débat public, mais où les politiques de transition suscitent des résistances. Les transports, en particulier, cristallisent les tensions entre impératifs écologiques et attentes sociales. En associant des citoyens à ces réflexions, Jean-Marc Jancovici et ses partenaires espèrent dépasser les oppositions binaires et faire émerger des compromis acceptables.
Le choix des invités témoigne de cette volonté de croiser les regards. La présence d'une climatologue reconnue, d'un haut gradé et d'une économiste suggère une approche pluridisciplinaire, mêlant enjeux scientifiques, sécuritaires et financiers. Les organisateurs souhaitent ainsi éviter les débats purement idéologiques et ancrer les discussions dans des réalités tangibles.
Reste à savoir si cette assemblée parviendra à se faire entendre au-delà de son cercle d'initiés. Les expériences précédentes de participation citoyenne ont parfois déçu par leur manque de portée politique. Mais ses promoteurs affichent leur détermination à peser sur la campagne présidentielle, en misant sur la force de propositions élaborées collectivement. Ils espèrent que leur démarche inspirera d'autres initiatives et contribuera à rehausser le niveau des débats à venir.




