Trois Français figurent parmi les 21 militants anti-chasse à la baleine dont la police islandaise a demandé l’expulsion, assortie d’une interdiction de revenir sur le territoire. Les intéressés sont retenus à Reykjavik depuis leur arrestation, jeudi soir, lors d’une action contre le Hvalur 9, l’un des deux derniers baleiniers commerciaux encore actifs en Islande. La demande des autorités a été annoncée samedi.

Les militants se trouvaient à bord du Bandero, un navire de la fondation du militant des droits des animaux Paul Watson, arraisonné au large de l’Islande. Selon le porte-parole de la police, Gunnar Runar Sveinbjörnsson, ils sont accusés de « violations du droit international de la mer », de « mise en danger de la sécurité maritime », ainsi que d’infractions à la réglementation des télécommunications. La fondation indique que le navire avait « surveillé et poursuivi » le baleinier pendant plusieurs semaines.

Dans la nuit de jeudi à vendredi, la Captain Paul Watson Foundation avait annoncé l’arraisonnement en mer du Bandero par les garde-côtes islandais. Ceux-ci ont confirmé avoir pris le contrôle du navire dans le cadre d’une opération conjointe avec la police, avant de le ramener au port de Reykjavik et d’arrêter son équipage. Ils affirment avoir répondu à une demande d’assistance de l’équipage du Hvalur 9, qui se sentait menacé. Selon eux, le Bandero n’a pas obéi aux ordres lui demandant de quitter les eaux territoriales islandaises, puis de stopper ses moteurs.

L’équipage était composé de cinq Américains, quatre Brésiliens, trois Français, deux Espagnols, un Australien, un Belge, un Canadien, un Allemand, un Britannique, un Suisse et un ressortissant de Trinité-et-Tobago. Tous ont été entendus par la police. La demande d’expulsion, qui concerne l’ensemble des 21 membres de l’équipage, a été préférée à un placement en détention. Elle doit être examinée par les autorités de l’immigration, dont la décision est attendue « la semaine prochaine », selon le porte-parole.

La Captain Paul Watson Foundation a dénoncé une « détention » illégale qui dure depuis plus de 36 heures, jugée supérieure aux 24 heures autorisées par la législation islandaise. L’un des passagers français, Lucien Richardson, a décrit un état de « stress » à bord. « Personne ne comprend pourquoi nous ne sommes pas libérés », a-t-il témoigné. Selon la chaîne publique RUV, les autorités chargées des transports ont par ailleurs déclaré le Bandero, un navire d’environ 65 mètres de long et de 499 tonneaux de jauge brute, impropre à la navigation.

Cet incident intervient alors que la chasse à la baleine a repris cet été en Islande, après deux années de suspension liées à une situation économique difficile et à une rentabilité jugée insuffisante. L’Islande est l’un des trois seuls pays, avec la Norvège et le Japon, à autoriser encore cette pratique à titre commercial. La saison de chasse s’étend de la mi-juin à la mi-septembre. Le pays doit introduire cet automne un projet de loi visant à interdire la chasse à la baleine. En attendant la décision des autorités de l’immigration, les 21 militants restent retenus à Reykjavik.