Le chef cuisinier Jean Imbert, lauréat de la saison 3 de « Top Chef » en 2012, a été placé en garde à vue lundi matin à Paris. Il est entendu par les enquêteurs dans le cadre d'une enquête pour violences conjugales ouverte après les plaintes de trois de ses anciennes compagnes. Ses avocates, Jacqueline Laffont et Julie Benedetti, ont confirmé qu'il répondait à « toutes les questions des enquêteurs ».
Selon les informations révélées par BFMTV, le chef de 45 ans est visé par trois plaintes pour violences conjugales. L'une d'elles a été déposée par l'ancienne actrice Lila Salet devant le parquet de Versailles pour des faits qui remonteraient à 2012-2013. Le parquet de Versailles s'était dessaisi au profit du parquet de Paris le 29 août 2025.
L'ancienne Miss France Alexandra Rosenfeld a également porté plainte au mois de mars. Elle avait expliqué que Jean Imbert lui avait fracturé le nez en octobre 2013, lors du tournage d'une émission sur M6 que le couple co-animait. Cette plainte s'ajoute à la procédure déjà engagée par Lila Salet.
Le chef, qui conteste ces accusations, s'est présenté à son audition avec « de nombreux documents, pièces, autant d'éléments matériels solides qui étayent sa version des faits », a fait valoir sa défense. Ses avocates n'ont pas souhaité apporter davantage de précisions sur le déroulement de l'audition.
Cette garde à vue intervient dans un contexte déjà tendu pour le cuisinier. En août 2025, après le dépôt de la première plainte, Jean Imbert avait annoncé « se mettre en retrait » des restaurants où il officiait, « le temps que la justice fasse son travail ». Il avait alors quitté ses fonctions au sein des établissements qu'il dirigeait, une décision présentée comme une mesure de précaution.
Le 15 avril, la direction du Plaza Athénée, célèbre palace parisien, avait annoncé que Jean Imbert n'occupait plus les fonctions de chef du restaurant étoilé de l'établissement. Cette décision avait mis fin à plusieurs années de collaboration entre le chef et la maison de l'Avenue Montaigne, où il avait succédé à une grande figure de la gastronomie française.
Interrogé en avril sur le nombre de procédures en cours et l'identité des plaignantes, le ministère public avait refusé de communiquer à ce sujet. Les autorités avaient invoqué « tant pour le respect de leur intimité que pour préserver les chances de prospérer de l'enquête ». Cette réserve contraste avec la multiplication des révélations dans la presse.
Jean Imbert, né en 1981, a connu une ascension fulgurante dans le monde de la gastronomie. Révélé par l'émission « Top Chef », il a ensuite ouvert plusieurs restaurants à Paris et en région, avant de prendre les commandes de tables prestigieuses. Son style, mêlant cuisine généreuse et produits du terroir, lui avait valu une clientèle fidèle et une reconnaissance médiatique importante.
L'affaire relance le débat sur les violences faites aux femmes dans le milieu de la restauration, un secteur régulièrement pointé du doigt pour ses conditions de travail et ses rapports de pouvoir. Plusieurs associations féministes ont appelé à une meilleure prise en charge des plaintes et à une plus grande transparence dans les enquêtes impliquant des personnalités publiques.
La garde à vue de Jean Imbert s'inscrit dans une procédure judiciaire qui pourrait connaître plusieurs développements dans les prochaines semaines. Selon des sources proches du dossier, les enquêteurs devraient entendre à nouveau certaines des plaignantes afin de confronter leurs versions aux éléments fournis par le chef. Le parquet de Paris devra ensuite décider de la suite à donner à cette procédure.
Les avocates du chef ont indiqué que leur client coopérait pleinement avec la justice. Elles n'ont pas souhaité faire de commentaire supplémentaire, alors que l'audition était toujours en cours lundi après-midi. De son côté, le ministère public n'a pas communiqué sur le déroulement de la garde à vue, conformément à la réserve qu'il s'impose dans ce type de procédure.
La carrière de Jean Imbert pourrait toutefois pâtir de ces accusations. Après son retrait du Plaza Athénée, plusieurs projets de restaurants ont été suspendus ou réévalués. Les partenaires économiques du chef observent désormais l'évolution de la procédure avant de s'engager dans de nouvelles collaborations.
Cette affaire intervient dans un climat social marqué par une prise de conscience accrue des violences conjugales en France. Les associations d'aide aux victimes rappellent que les plaintes déposées par les trois ex-compagnes du chef illustrent la difficulté pour de nombreuses femmes de porter plainte, en particulier lorsque leur agresseur présumé est une personnalité médiatique. Elles saluent le courage des plaignantes et appellent la justice à instruire ce dossier avec la plus grande rigueur.



